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Cap sur le dico

« Avant, je trainais* avec des gens qui faisaient partie d’une bande, et là, j’ai vu ce qui se passait, j’ai vu ce qu’ils faisaient, et là je me suis éloigné de ça, parce que je ne voulais pas… Une fois qu’on rentre dans une bande, on ne ressort plus, on est recherché par les autres bandes partout. On n’est pas bien, on n’est plus en paix, on ne marche plus dans la rue en paix. Maintenant, quand je marche dans la rue, je suis bien. Les autres, ils ne peuvent pas marcher en rue, ils ont toujours une petite arme sur eux, ils ont peur. » (César, 15 ans)

Seul ou en bande?

 

Faire partie d’une bande: « Dis-moi qui tu fréquentes; je te dirai qui tu es! »

La bande: « un sentiment de liberté »! Tu retrouves régulièrement des jeunes de ton âge et tu te reconnais en eux: même langage, mêmes idoles, mêmes gouts musicaux, mêmes loisirs… Faire partie d’un groupe peut t’apprendre aussi à être indépendant/e: tu pars à l’aventure, à la rencontre des autres, tu te sens plus fort/e. Tu te forges de nouvelles expériences, tu découvres d’autres personnalités et d’autres façons de penser… C’est un peu l’apprentissage de la vie en société. Et puis que de souvenirs formidables pour les années à venir!

Malheureusement, certaines bandes sont plutôt branchées violence. C’est à celui ou celle qui ira le plus loin, mettra en valeur son audace ou prendra le plus de risques. Quelques exemples? Organiser des rackets auprès des plus jeunes de l’école, dégrader des lieux publics, perturber les transports en commun par des insultes gratuites… Dans le groupe, les influences jouent beaucoup: l’un/e fume, le reste suit. Attention donc aux abus et aux accidents parfois lourds de conséquences! C’est parfois « pour faire comme les autres » et s’intégrer que certains commencent à consommer des produits stupéfiants: alcool, cannabis et autres drogues. La bande devient alors un lieu d’exploration des limites et donc d’expérimentations plus ou moins dangereuses. Pas toujours cool, la bande! (voir « Se sentir bien dans son corps. Assuétudes »)

C’est pourquoi, si tu fais partie d’un groupe, veille à ne pas être complètement dépendant/e et à conserver ton propre jugement. Ta bande ne doit pas t’empêcher de rester toi-même! Tu risquerais d’y perdre ta propre personnalité et ton autonomie.

La solitude, normale à mon âge?

Ce n’est pas parce que tu es jeune que tu dois absolument faire partie d’une bande ou sortir tout le temps avec tes amis, partir en vacances en groupe… Tu éprouves le désir de préserver ton intimité. Tu as tout à fait le droit de préférer les promenades en solitaire, écouter de la musique peinard/e dans ta chambre… C’est même assez courant. Tant que tu le vis bien, c’est OK! Savoir passer du temps avec soi-même, cultiver son jardin secret… sont essentiels à l’estime de soi et au bien-être.

Par contre, si ta solitude te pèse, que tu as peur des autres ou que la communication passe difficilement, tu peux en parler à une personne de confiance. Il existe aussi des services d’aide aux jeunes que tu peux contacter tout à fait librement (voir « Moi, moi, moi. Pour en savoir plus: sites web et organismes »).

Je suis rejeté/e, pourquoi?

Bouc émissaire et tête de turc

Dans certains groupes de jeunes, les membres suivent les décisions du ou des leader/s, sous peine d’être exclus ou punis. Parfois, l’un des membres du groupe devient « le bouc émissaire ». Appelé aussi « souffre-douleur », « mouton noir » ou encore « tête de turc », il est rendu responsable de toutes les fautes. Les autres membres du groupe ont un comportement agressif envers lui.

En tant que bouc émissaire, tu subis beaucoup d’agressivité, de méchanceté. Souvent, tu ne comprends pas les reproches des autres. Tu trouves cette situation injuste. Pire, tu culpabilises et tu te demandes ce que tu as fait pour mériter un tel traitement. Tu as peur que tout se retourne contre toi et que les choses s’aggravent. Tu te sens impuissant/e! Et tout ça, c’est mauvais pour ton amour-propre.

Comment réagir?

Les conséquences sont multiples: culpabilité, isolement, conflit et violence, troubles du comportement alimentaire (boulimie, anorexie), dépression, parfois même suicide… Elles trahissent un mal-être lié à cette solitude subie. Avant d’en arriver là, envisage tous les moyens pour éviter le piège de l’autodénigrement. Inutile de chercher à te faire tout/e petit/e ou de t’excuser de ce que tu es. Il ne manquerait plus que ça!

D’autres solutions s’offrent à toi:

  • prendre conscience que tu n’as pas à accepter qu’on se moque de toi;
  • ignorer tes agresseurs: sans réaction de ta part, ils perdront vite le gout de t’ennuyer;
  • apprendre à répondre aux attaques et, si tu en as le courage, envoyer balader les emmerdeurs, mais sans violence et avec humour si possible;
  • avoir confiance en toi, en restant persuadé/e de tes qualités;
  • regarder autour de toi: il y a certainement un/e ami/e qui aimerait partager ta compagnie et t’apporter son soutien;
  • surtout si ta souffrance est trop forte, te confier à un adulte (parent, psy, service d’aide aux jeunes en difficulté, etc.)