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jeune fille qui danse une mère et sa fille réunion familiale

Cap sur le dico

Un peu d'étymologie... pour te dire que « hyper » vient du grec « γπερ » qui signifie « au-dessus de ». Utilisé devant un mot, il indique la notion d'excès, d'exagération. L'hypersexualisation consiste donc à rendre toute chose sexuelle.

Cap sur le dico

La pornographie est la représentation (sous forme d'écrits, de dessins, de peintures, de photos, de films) d'actes sexuels d'adultes, destinée à être communiquée au public. La loi considère la pornographie comme nuisible pour les mineurs d'âge (moins de 18 ans).

La sexualité, c’est quoi au juste?

 

À l’adolescence, tes hormones bouillonnent! De nouvelles pensées surgissent et la notion de sexualité commence à se frayer un chemin dans ta petite tête (ou ailleurs!). Mais qu’est-ce que ça recouvre exactement, la sexualité?

Si on prend le temps d’y réfléchir, trois aspects majeurs apparaissent: le plaisir, l’amour et la fécondité. En fonction de sa personnalité et de son histoire personnelle, chaque être humain recherche un ou plusieurs de ces aspects. Et cela peut varier tout au long de la vie.

 

La sexualité est partout!

Dans ton environnement, les références à la sexualité sont partout: dans la musique et les chansons, les émissions de télé (la télé-réalité, les films et les séries), les films érotiques, l’art (peinture, sculpture…), la littérature, Internet, les journaux et magazines, la pub dans tous ses états (radio, télé, presse…). À tel point qu’on a inventé un nouveau mot: on vivrait dans une société « hypersexualisée »! En d’autres termes, on banaliserait la sexualité alors qu’elle n’est pas banale!

 

Hypersexualisation: info ou intox?

Info comme… information

La référence au sexe sert à informer. Par exemple, une campagne de prévention sur les infections sexuellement transmissibles (ou « I.S.T. », voir « Sexualité. Connaitre les risques », p…) utilisera la photo d’un couple nu, qui s’embrasse. Cette image évoque le rapport sexuel pour rappeler que, pour se protéger du sida et des autres I.S.T., il faut utiliser un préservatif.

Intox comme… intoxication

La référence au sexe est aussi utilisée dans un contexte commercial. Ainsi, une pub exhibera plutôt un mannequin, une femme « jolie » et sexy pour vanter les mérites d’une voiture. Exemple tellement fréquent que le terme péjoratif « bien carrossée » est désormais employé pour qualifier une fille sexy! La femme est donc réduite à un « objet ». Et les hommes ne sont pas en reste: à en croire les messages publicitaires, boire le même café que Georges Clooney ou siroter un verre de whisky en kilt écossais rendraient viril et irrésistible!

Ce type de message renforce des stéréotypes toxiques pour les relations hommes/femmes et filles/garçons. Même si ces images nous font sourire ou rire, à force d’être répétées, elles s’installent dans les esprits et finissent par influencer réellement nos comportements.

D’ailleurs, tout doit être « sexy »: les fringues, les couleurs, les idées…, même les emballages des briques de lait doivent être obligatoirement attractifs et « vendeurs ».

Un stéréotype est une opinion toute faite sur une situation, un groupe de personnes… On parle aussi de « cliché ». Par exemple, « toutes les blondes sont bêtes ». Comme tu peux le constater, un stéréotype est souvent réducteur et déforme la réalité par une trop grande généralisation.

La pornographie et les jeunes: c’est grave, Docteur?

La pornographie est une grosse machine commerciale qui transmet une fausse image des pratiques sexuelles à travers un max de médias: télé, vidéo, DVD, sites Internet, mails, « chats » et même les SMS! Elle y présente une sexualité sans sentiment, sans dialogue, sans préservatif et sans respect. La pornographie dégrade l’image du « couple ». Elle place l’homme et la femme dans des rapports inégalitaires: l’homme est un macho viril et la femme, une chose soumise ou une « salope » qui se « laisse faire » par les hommes. L’effet recherché? Offrir l’excitation sexuelle et se faire un max de blé!!! Le « X » (autre nom donné à la pornographie), c’est surtout une énorme machine à sous!

Pour faire toujours plus d’argent, l’industrie pornographique se coupe en quatre pour parvenir à toucher les jeunes… en toute légalité! Ses moyens sont très efficaces: de très nombreux ados, mais aussi des enfants sont exposés à des images pornographiques sans même l’avoir cherché. Des seins aussi gros que des melons, des pénis tellement longs qu’on ne pourrait même pas les ranger dans son slip…, tels sont là des exemples d’images « choc », surtout quand on les voit par accident!

En revanche, beaucoup de jeunes vont rechercher des images porno dans des magazines ou dans des films. Pourquoi? Par curiosité, pour avoir une idée de la sexualité et aussi pour expérimenter des sensations nouvelles. Qu’est-ce qu’ils en retirent?

Voilà les résultats d’une étude réalisée en 2006 par Latitude jeunes:

  1. Ce n’est pas la réalité
  2. Il n’y a pas de sentiment
  3. Ça complexe les garçons 
  4. Ça incite à avoir des rapports précoces (très tôt) »
  5. C’est dégoutant, choquant et perturbant »
  6. Ça pousse les filles à faire des choses, à moins se protéger »

Une minorité de jeunes relève des aspects « positifs » de la pornographie: celle-ci serait un outil d’éducation sexuelle et supprimerait les tabous. Mais près de 40 % d’entre eux n’y voient aucun effet positif. Le bulletin décerné à la pornographie par les jeunes n’est donc pas terrible.

Pas convaincu/e?

Voici quand même quelques conseils par rapport à la consommation de pornographie:

  • tu n’es pas obligé/e de regarder ce type d’images: PERSONNE ne peut t’y contraindre;
  • si tu as visionné ces images par hasard et que tu en as été choqué/e, n’hésite pas à en parler;
  • si tu visionnes ces images, évite d’imiter les « héros/héroïnes » de ces films; tu réduirais ta personne à un objet, et ton/ta partenaire également;
  • si tu veux de l’information sur la sexualité, consulte la rubrique « Pour en savoir plus: sites web et organismes » en fin de chapitre ou procure-toi des brochures auprès des organismes indiqués.

 

Avec qui parler de sexualité?

La sexualité? Une facette de la vie qui éveille mille-et-une questions! L’élément-clé pour en parler, c’est la confiance. Sans cette alliée de taille et sous la pression du jugement des autres, parler de relations sexuelles devient vite n’importe quoi. Une règle en la matière: tu en parlesSI tu en as envie et AVEC QUI tu en as envie:

  • avec tes potes: tu te sens suffisamment en confiance pour échanger tes interrogations sans avoir peur de passer pour le/la dernier/ère des ignorant/e/s.
  • avec ton amoureux/se … (si tu en as un/e;-) ): si vous décidez à un moment donné de passer aux « exercices pratiques », en parler avant vous permettra de garantir le respect dans cet aspect de votre relation.
  • avec tes parents ou d’autres adultes: pourquoi pas! Selon les cas, c’est plus ou moins facile de parler de sexualité avec eux. Tout dépend de toi et de tes parents. Pour certains jeunes, c’est « secret défense »: pas question de souffler un seul mot sur le sujet! Pourquoi? Par pudeur, par peur de ne pas trouver les mots, par méconnaissance, parce que le sujet est délicat, voire tabou…

Au contraire, certains parents donnent à leurs ados chéris l’une ou l’autre brochure informative sur le sujet, leur signalent la présence de préservatifs dans la pharmacie familiale ou proposent à leur fille de faire une première visite chez le gynécologue…

  • avec les pros de la question: des travailleurs sociaux, des animateurs en éducation sexuelle et affective, des psychologues, des sexologues, des médecins généralistes (ton médecin de famille, par exemple), des gynécologues, etc. (voir « Pour en savoir plus: sites web et organismes »). Ta démarche restera confidentielle: tes parents ne seront pas informés sauf si tu le souhaites.