Ce site internet porte le label AnySurfer, une marque de qualité belge pour les sites accessibles. Vous trouverez plus d'information sur www.anysurfer.be.

J’me fais mal; ça m’fait du bien: scarifications et autres

 

Quand ça va mal au fond de toi et que tu cherches une issue, tu peux en venir à te faire mal « pour du vrai ». Volontairement. Pour exprimer ta douleur, tu choisis cette frontière entre ton monde intérieur et le monde extérieur: ta peau. Les « violences auto-cutanées » sont des blessures que tu t’infliges sur la peau des mains, des poignets, des avant-bras ou encore des cuisses. À ne pas confondre avec les automutilations qui te privent d’un membre ou d’un organe. Les plus exposées à ces pratiques sont les filles entre 13 et 16 ans.

Souvent pratiquées en solitaire, ces violences prennent différentes formes: piqures, coups, brulures (par cigarettes, avec un briquet ou un aérosol), abrasions (grattage ou frottement de la peau avec les ongles ou une surface rugueuse) ou encore scarifications. Ce dernier procédé consiste à entailler la peau de manière contrôlée et superficielle (on ne s’enfonce pas un couteau dans le bras!) à l’aide d’un cutter, d’une lame de rasoir ou encore d’un boitier de CD. La plaie s’ouvre, le sang coule. Et d’un coup, tu te sens mieux!

Pourquoi? Parce que les scarifications et procédés apparentés révèlent une souffrance intérieure insupportable. Tu ressens alors le besoin de rendre cette douleur concrète et visible. Le sang qui coule le long de ton bras, c’est un peu ton cœur qui saigne! Tu évacues ce mal qui te ronge; tu te sens soulagé/e… jusqu’à la prochaine fois! Maitriser cette plaie extérieure te donne l’impression de maitriser ton mal-être et donc de te sentir plus fort/e. C’est aussi un moyen d’attirer l’attention des autres sur ta souffrance. La blessure devient pour toi un mode de communication. Ces pratiques, bien qu’apparemment morbides, sont de véritables appels à l’aide et à la vie!

En parlant avec d’autres jeunes qui vivent la même chose que toi, mais aussi avec un médecin ou un psy, tu parviendras à identifier ta souffrance (voir « Comment m’en sortir? Au pays des psys », p…). À la place d’un geste violent et destructeur, c’est la parole qui viendra te libérer et te reconstruire.