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la mort personnifiée adulte consolant un jeune

Cap sur le dico

« Des amis très proches n'ont pas su repérer que j'allais mal. J'avais ce faux sourire tout le temps. Je n'arrivais pas à en parler... Je me disais ‘La vie est belle’ quand j’étais avec les autres et quand je me retrouvais toute seule, je m'effondrais. » (Héloïse)

Mon rapport à la mort

 

Regard sur ma propre mort

Pas de doute: la mort te fascine, comme pas mal de jeunes de ton âge. Le succès des clips gore, du look gothique et des films d’horreur confirme cette tendance. À ton âge, tu remets en question une vie qu’on t’a imposée jusque-là. Plus encore, toi qui pensais que tout était possible, tu découvres que tu n’es pas immortel. La vie a une fin? Ça craint! En même temps, tandis que les adultes font tout pour « oublier » la mort, toi, tu préfères l’affronter et essayer de mieux la connaitre. Un moyen de dompter ta peur et de te donner l’illusion que tu maitrises. C’est pourquoi certain/e/s (et toi peut-être) sont tenté/e/s par des expériences complètement dingues et des paris cinglés!

 

La prise de risque: même pas peur!

En bagnole à contre-sens sur l’autoroute, à moto sans casque, du hors-piste, des rapports sexuels non protégés, une soirée défonce parfumée à l’herbe… Dans une certaine mesure, le risque te permet d’explorer tes limites et de mieux te connaitre. Une manière pour toi de t’affirmer et de passer le cap vers l’âge adulte.

Pour que la construction de soi ne devienne pas destruction… Ignorer les conséquences du danger risquerait de te mener droit dans le mur. Un accident est vite arrivé et laisse parfois de très lourdes séquelles! Donc, un bon conseil: avant tout, pense aux pièges, aux possibles « hic » et « aïe », aux sorties de secours… N’hésite donc pas à demander l’aide d’un pro ou d’un « vieux sage » expérimenté!

Évite une autre erreur: celle de ne rien risquer du tout! Oser aller vers les autres, s’engager, se lancer dans des projets… pousse à se découvrir et à se dépasser. En quelque sorte, ça rend meilleur! (voir « L’estime de soi: combien je m’aime? »)

 

Le suicide: quand la douleur est trop forte

Le suicide n’est ni une maladie, ni un choix! Plutôt une idée qui s’impose peu à peu à une personne, suite à une situation grave: la perte d’un être cher, une dépression, des violences verbales ou physiques, un inceste (voir « Sexualité « Quand ça dérape »). Même un fait banal comme une remarque désagréable ou une dispute peut te pousser à l’acte. Sais-tu que beaucoup d’ados comme toi y ont déjà pensé? Et que c’est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 25 ans? Mais comment en arrive-t-on là? C’est rarement sur un coup de tête que tu passes à l’acte! Tout ça prend beaucoup de temps: en conflit avec les autres ou avec toi-même, tu te sens nul/le, tu as l’impression de ne pas être aimé/e… Tu quittes le monde de l’enfance et l’avenir te fait terriblement peur. Et puis, tu en as marre de souffrir! Finalement, c’est pas tellement la mort que tu souhaites, juste un peu de soulagement. Dans certains cas, c’est aussi une manière de vérifier que tu comptes encore pour les autres.

Plusieurs signes ne trompent pas: l’absence de contact avec les autres (amis et famille), la difficulté de communiquer avec eux, le manque d’intérêt pour toute activité, le désespoir, l’agressivité, une faible estime de soi, des remarques du genre « Vous serez mieux sans moi! »… Tous ces symptômes indiquent un risque réel de suicide. Et contrairement à ce qu’on croit souvent, une personne qui parle ouvertement de son envie de mourir peut effectivement passer à l’acte. Quoi qu’il en soit, il ne faut négliger aucun signe et ne pas prendre les « simples » tentatives à la légère. Les « faux » suicides, ça n’existe pas! Que faire alors?

Si l’envie de partir est trop forte, ne reste pas seul/e! N’aie pas peur de contacter quelqu’un pour lui exprimer ton mal-être et ton envie de mourir. Que ce soit un proche de ta famille, un/e ami/e, un médecin, tous sont là pour t’écouter et te soutenir. Dans l’urgence, tu peux aussi t’adresser à un service d’aide téléphonique, accessible 24h sur 24 (voir «Pour en savoir plus: sites web et organismes»). Une fois le moment de « crise » passé, un suivi psychologique reste indispensable pour retrouver un certain équilibre (voir « Comment m’en sortir? Au pays des psys»).

 

Regard sur la mort de l’autre: faire le deuil

Face à un décès, les réactions sont multiples, propres à chacun et parfois contradictoires. D’abord abattu/e par le choc, tu ressens de la colère, de la révolte devant cette mort injuste. Viennent ensuite le regret et la culpabilité d’être toujours en vie, de n’avoir rien pu faire, de n’avoir pas dit assez combien tu aimais la personne. La tristesse et le désespoir peuvent t’envahir. Ou alors tu feins l’indifférence pour te protéger contre ta culpabilité ou l’impression d’être abandonné/e.

Ces différents sentiments peuvent provoquer des comportements tout aussi contradictoires: l’isolement, le conflit avec des membres de ta famille, la provocation. Tu peux aussi être tenté/e de te transformer prématurément en adulte pour soutenir ton entourage ou remplacer la personne disparue. Mais rappelle-toi que toi aussi, tu as le droit de souffrir. Alors n’ignore surtout pas ta tristesse.

Pour retrouver un certain équilibre et te reconstruire, n’hésite pas à en parler: avec ta famille bien sûr (même si c’est dur, surtout si elle est directement concernée par le décès), mais aussi avec des personnes plus « neutres » comme un médecin, un psy. Tu peux aussi te confier à d’autres jeunes, histoire de ne pas te sentir différent/e et isolé/e. Il existe de nombreux groupes de parole où tu peux t’exprimer librement et constater que d’autres vivent les mêmes moments douloureux. De même, certains « gestes » aident à passer le cap: vider la chambre de la personne, regarder des photos, conserver des objets souvenirs, sans oublier de laisser le temps au temps. Un jour, tu t’aperçois que la personne est partie, mais qu’elle reste près de toi, dans ton cœur, et qu’elle t’aide à vivre.