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La maladie

 

Le choc de l’annonce

C’est ce qu’on appelle « se prendre la réalité en pleine face »! Tu en ressors assommé/e et, très vite, les questions fusent: « Pourquoi moi? », « Qu’est-ce que j’ai fait? »… Des interrogations tout à fait légitimes, même si elles n’obtiendront pas nécessairement de réponse. En fait, ce sont les lois de la nature! OK, c’est facile à dire et ce constat simpliste ne te soulagera pas vraiment. Néanmoins, tu peux aussi envisager la situation d’une autre manière: identifier une maladie est une chance qui permettra de trouver le traitement adéquat. Nommer la maladie, c’est déjà un premier pas vers ta guérison.


Pourquoi c’est la galère?

L’adolescence, c’est LE temps des changements et d’une nouvelle vie qui s’annonce à toi. Pourtant, quand la maladie s’invite à la fête, vient le temps des doutes. Comment vivre pleinement ton adolescence dans ces conditions?

Ta recherche d’identité, dans ce corps déjà si compliqué à comprendre, devient d’autant plus difficile. Quels seront les effets secondaires du traitement? Est-ce que tu vas grandir comme les autres? Es-tu « normal/e »? Les autres vont-ils te regarder pour toi ou parce que tu es malade? D’autre part, c’est nettement moins facile de gérer ton autonomie naissante quand tu es soumis/e à un traitement médical, sous la haute surveillance des parents. Attention à ne pas laisser tomber le suivi médical au nom de ta soi-disant indépendance! Tu risquerais de te mettre en danger.

Face à ce chamboulement dans ta vie d’ado, tu peux te sentir seul/e, incompris/e. Tu as peur de ce qui pourrait t’arriver, des autres qui deviennent le reflet de ta différence. Tu as honte de ce corps que tu voudrais « normal » et en bonne santé. Tu es en colère contre tous ces veinards insouciants qui pètent la forme, mais aussi contre tes parents dont tu dépends. Et ça t’est vraiment insupportable!!! Tout ce ressenti est parfaitement compréhensible et il t’appartient de réagir comme tu le sens. Mais pas au point de te détruire ou te laisser bouffer par ces émotions négatives. Si tu sens que tu sombres, que tu n’y arrives plus, sache que tu n’es jamais seul/e et que la maladie n’est pas une voie sans issue.

 

Les sorties de secours

Une maladie, c’est un vrai parcours du combattant: souvent long et semé d’embuches*, mais pas impossible à insurmontable. Tu peux vaincre la maladie, petit à petit. Si chacun a ses recettes, voici déjà quelques pistes pour te sentir mieux:

  • connaitre la vérité sur ta maladie, son origine et ses effets. Même si c’est angoissant, même si c’est parfois plus confortable d’ignorer la réalité, mieux vaut savoir qu’imaginer! Être au courant te permettra de percevoir les signaux d’alerte et donc de mieux y répondre;
  • prendre tes responsabilités en t’impliquant concrètement dans les décisions. Toi aussi, tu as ton mot à dire;
  • accorder à la maladie la place qu’elle mérite, c’est-à-dire ni trop, ni trop peu. Après tout, elle n’est qu’un seul aspect de ta vie;
  • être à l’écoute de tes besoins, mais aussi de tes envies. Fais-toi plaisir, c’est bon pour le moral! On n’est jamais mieux servi que par soi-même;
  • oser t’exprimer et dire ta souffrance, partager ton expérience avec les autres, malades ou pas. C’est un moyen efficace de refuser l’isolement. Et si te confier à des personnes de ton entourage te semble délicat, il existe aussi des « oreilles spécialistes »: le personnel soignant (médecins, infirmières…), des psys (voir « Se sentir bien dans sa tête. Psy, psy, psy », p…), des associations…;
  • te (re)lancer dans ta vie, en devenir l’acteur/trice principal/e en mettant en place de nouveaux projets…

 

Vivre avec la maladie d’un autre

Si elle bouleverse la personne atteinte, l’annonce de la maladie perturbe aussi le reste de la famille. Cette dernière doit retrouver un nouvel équilibre. Pas évident!

Ton frère ou ta sœur est malade

Entre ton désir de t’émanciper et celui de contenter tes parents qui angoissent ou culpabilisent, tu ne sais plus très bien où tu te situes. Quelle place dois-tu prendre désormais? Tu serais tenté/e d’assumer des responsabilités qui ne sont pas les tiennes et de te comporter plutôt comme un parent pour ton frère ou ta sœur. Ou alors, tu n’oses plus dire non, rongé/e par la culpabilité d’être en bonne santé. Avec le risque d’avoir l’impression de ne plus exister. Tu n’es pourtant pas responsable de la situation. Tu as donc le droit de faire valoir tes opinions et d’exprimer ton ressenti, que ce soit de la joie, de la colère, de la tristesse… Une place te revient au sein de ta famille. Non seulement tu n’oublieras pas qui tu es, mais aussi une belle complicité pourra naitre de vos échanges. Et l’entente familiale n’en sera que meilleure!

Un de tes parents est malade

Là aussi, tu es partagé/e entre incompréhension, colère et inquiétude. De quoi sera fait l’avenir? Et si ton père ou ta mère venait à mourir? Pour pallier ton inquiétude, il est important de connaitre la maladie afin de détecter les signaux d’alarme. N’aie pas peur de parler de tes craintes avec quelqu’un de ton entourage ou avec une personne plus neutre (voir « Les sorties de secours », p…).

Un de tes amis est malade

Les potes, c’est super précieux: tu peux te confier à eux, partager des expériences, des émotions… Et quand un/e de tes ami/e/s est atteint/e d’une maladie, tu deviens encore plus important/e. Maintenir des relations normales, « comme avant », c’est une manière de dire que la vie continue et que ton ami/e peut mener son adolescence comme les autres ou presque… Mais peut-être n’oses-tu pas aborder le sujet avec lui/elle, de peur de blesser. Alors n’hésite pas à surmonter cette crainte car une petite discussion peut au contraire soulager ton ami/e qui se sentira reconnu/e, compris/e et moins seul/e face à l’épreuve. Ne tombe pas pour autant dans l’autre extrême: ton rôle n’est pas de soigner ton ami/e. Être là, c’est déjà beaucoup!

 

Un cas précis: les troubles du comportement alimentaire

T.C.A.?

Tu as peut-être déjà entendu parler d’ « anorexie » et de « boulimie », de « troubles du comportement alimentaire ». Qu’est-ce que ça veut dire au juste?

L’anorexie, c’est le refus de se nourrir par volonté de maigrir absolument, même si le poids de la personne atteinte est déjà très bas. L’anorexique se sait maigre, mais se voit gros/se.

Quand on consomme de la nourriture de façon démesurée et incontrôlable en dehors des repas, on parle de « boulimie ». La personne boulimique essaye ensuite de « rejeter » ces aliments de différentes manières: par les vomissements la plupart du temps, mais aussi par le sport ou encore les laxatifs. Comme l’anorexie, cette maladie touche les jeunes gens (les filles surtout) qui veulent maigrir à tout prix.

Un petit régime: inoffensif?

Envie de perdre quelques kilos? Attention! De nombreux cas de troubles alimentaires ont commencé par un régime. À manier avec précaution donc (voir «Bien dans son corps. Bien dans ton assiette »).

Bien sûr, il existe d’autres causes, plus profondes, aux troubles du comportement alimentaire.

Notre société de consommation nous pousse à être parfaits.

Face à une telle exigence, tu peux parfois te sentir mal et manquer de confiance en toi. Et parfois, à force de vouloir atteindre un idéal, on se renferme sur soi-même, on s’isole, on sombre. Le trouble du comportement alimentaire n’est pas toujours si loin…

Moi, maigre? Pas du tout!

Comme les personnes atteintes de boulimie ou d’anorexie nient souvent le mal qui les ronge, leurs proches, et toi peut-être, pouvez reconnaitre les signes de la maladie: maigreur, troubles de l’humeur et du sommeil, activité physique intense, contrôle du poids en permanence, solitude, dégout de soi… La boulimie est plus difficile à remarquer parce que le malade garde souvent un poids normal. Cependant, l’angoisse de manger et le rejet de soi-même peuvent mettre la puce à l’oreille. Et puis, de grandes quantités de nourriture qui disparaissent subitement, ce n’est pas très normal…

Pas de panique si tu as l’habitude de t’enfiler trois tartines au choco, un bol de céréales et un coca à quatre heures: ce n’est pas très équilibré, mais tu n’es pas boulimique pour autant. Dévorer à ton âge, oui, mais avec plaisir! Inutile également de sonner l’alerte dès qu’on voit une fille maigre! Certaines le sont naturellement, même si ça reste peu courant.

En sortir: un fameux défi

La personne atteinte de T.C.A. doit se soigner parce qu’elle est en danger. Perte de poids, des dents, des cheveux, disparition des règles chez les filles (appelée « aménorrhée »), problèmes d’estomac et d’intestin, dépression, tentative de suicide et même la mort dans les cas extrêmes. Tenter de guérir, c’est donc un fameux défi, mais aussi une démarche très courageuse de la part de la personne malade: ça veut dire qu’elle reconnait la maladie! Les pédiatres et les psychiatres sont les plus compétents pour traiter ce genre de problèmes: le pédiatre, spécialisé dans la médecine pour enfants et ados, se chargera des problèmes physiques, tandis que le psychiatre s’occupera de la souffrance morale. Il existe aussi des centres spécialisés pour prendre en charge les personnes.