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jeune homme utilisant la langue des signes garçons en fauteuil roulant grand frère câlinant sa soeur malade

Le handicap, une autre façon d’être

 
L’expérience de la différence, voulue ou non, peut t’amener à porter un regard nouveau sur le monde qui t’entoure. Pour la vivre au quotidien, tu n’as plus peur de la différence. Tu apprends à t’ouvrir aux autres, semblables ou pas. Tu sais que l’essentiel n’est pas vraiment là où on l’imagine.


Handicap et adolescence, pas incompatibles!

En mal d’identité?

Tous les jeunes de ton âge sont confrontés aux mêmes grands enjeux: le besoin d’identité et d’autonomie. En tant que jeune porteur d’un handicap, tu n’échappes pas à la règle. Toi aussi, tu construis peu à peu ta personnalité et tu aimerais exister par toi-même et pour toi-même. Tu te poses les mêmes questions; tu nourris les mêmes rêves, les mêmes envies; tu suis les mêmes modes; tu ressens les mêmes peines… En fait, tu ne te sens pas vraiment différent/e car tu sais que le handicap n’est jamais qu’une manière d’être au monde parmi d’autres!

Pourtant, en entrant dans l’adolescence, tu prends la mesure de ton handicap et de ses conséquences. Et petit à petit, c’est dans le regard des autres que tu perçois la différence. C’est aussi le moment des premières craintes: la peur de grandir, d’être confronté/e à l’autre, d’être rejeté/e… Surgissent alors des questions: dans quelle école pourras-tu suivre les cours? Vas-tu retrouver des amis? Est-ce que tu vas rencontrer un/e amoureux/se? Est-ce qu’on parviendra à s’intéresser à toi, au-delà de ta différence?

Il faut bien l’avouer, ta recherche d’identité rencontre des obstacles bien spécifiques: les stéréotypes, les peurs et aussi la connerie! La faute à qui? À l’ignorance! Dans notre société, la différence, ça fiche la trouille et donc ça crée l’exclusion. Alors, tu te sens peut-être obligé/e de crier plus fort que les autres, de prouver davantage ta valeur. Ou au contraire tu te fais tout/e petit/e… S’accepter n’est facile pour personne, encore moins pour toi peut-être, mais c’est le travail de toute une vie. Tu as donc encore pas mal de temps devant toi pour y travailler! Oui, mais comment?

En route vers plus d’autonomie

La dépendance liée à ton handicap n’est pas incompatible avec une certaine autonomie.

Première étape: se défaire de la surprotection parfois asphyxiante de tes parents. Et ce n’est pas du gâteau! Bien sûr, leur crainte de te laisser faire tes preuves seul/e se justifie, mais te donner davantage de liberté est indispensable. Inutile d’envoyer bouler tes vieux quand même! Ils restent un soutien précieux et un élément déterminant de ton équilibre.

Deuxième étape: lutter contre les barrières physiques (le manque d’infrastructures adaptées, de personnes qualifiées pour un encadrement spécifique, d’accessibilité, notamment dans les transports…), mais aussi contre les barrières mentales (la désinformation, la pitié, le mépris…).

Pour cela, pas d’autre choix que de passer à la troisième étape: te lancer! C’est en te découvrant des aptitudes que tu ne soupçonnais même pas que tu vas prendre peu à peu confiance en toi. Tes loisirs seront donc primordiaux pour acquérir des compétences, élargir le cercle de tes connaissances, t’étonner toi-même et épater ton entourage. Le sport, par exemple, s’avère un excellent moyen de te dépenser, de te dépasser, d’apprivoiser ce corps qui ne fonctionne pas nécessairement comme tu voudrais ou, tout simplement, de vivre comme tout le monde. Peu importe, du moment que tu puisses t’épanouir, avoir des projets et les réaliser!

 

Vivre avec le handicap d’un autre

Vivre avec une personne handicapée oblige ta famille à procéder à quelques aménagements. Cependant, malgré les difficultés, tu peux mener une existence tout à fait normale et même en sortir grandi/e! La preuve:

Ce n’est pas facile…

Tu n’as pas choisi de naitre* dans une famille différente.

Tu trouves la situation injuste et tu es en colère; tu te sens obligé/e d’aller bien ou, pire, tu culpabilises d’être bien.

Tu as besoin d’être rassuré/e sur la place que tu occupes, sur ton avenir, sur celui des autres membres de ta famille.

Tu ne supportes pas bien le regard que d’autres posent sur toi. Tu ne veux pas être blessé/e et tu ne veux pas non plus que tes proches le soient.

Mais…

Ta famille, quelle qu’elle soit, est amenée à connaitre* les mêmes joies et les mêmes peines que toutes les autres: amour, émotions, conflits…

Ta famille peut aussi ressortir d’autant plus soudée face aux épreuves. La complicité nait* des souvenirs communs, bons comme mauvais, et le handicap n’est pas un frein aux expériences partagées. Au contraire! N’aie pas peur de faire part de tes doutes. L’échange sera aussi l’occasion de te rendre compte que tu n’es pas le/la seul/e à souffrir.

L’expérience de la différence, voulue ou non, peut t’amener à porter un regard nouveau sur le monde qui t’entoure. Pour la vivre au quotidien, tu n’as plus peur de la différence. Tu apprends à t’ouvrir aux autres, semblables ou pas. Tu sais que l’essentiel n’est pas vraiment là où on l’imagine.

N’oublie surtout pas de vivre ta vie d’ado. Ne te réduis pas à « celui qui soigne », « celui qui aide », « celui qui va bien de toute façon », « celui qui ne doit pas se plaindre »… Tu as le droit et le devoir d’être toi, tout simplement!